DU 23 MAI AU 22 JUIN

 

Fermé le lundi.

Ouvert du mardi au vendredi de 12h à 19h.

Les samedis et dimanches de 11h à 19h.

Nocturnes les 23 - 24 mai et les 30 - 31 mai jusqu'à minuit.

 

2, rue Viguerie

31000 Toulouse

 

Métro Saint-Cyprien

République (Ligne A)

Bus : lignes 2, 10, 12, 14, 78, 80


Plan
Hôtel-Dieu 

Crédits : Franck Alix, Festival international d'art de Toulouse, 2013

Portrait de Georges Jeanclos 

© Mnam-Cci  Bibliothèque Kandinsky 

 

Photographie : Jacques Faujour

Portrait d' Elsa Sahal 

© Mark Lyon, 2014

ELSA SAHAL 

Le Festival international d'art de Toulouse présente un documentaire sur l'artiste dans le cadre de son exposition à l'Hôtel -Dieu.

 

Film produit par La Machine Film

Exposition d'Elsa Sahal à l'Hôtel-Dieu 

Crédits photo Nicolas Brasseur, Festival international d'art de Toulouse 2014

Exposition d'Elsa Sahal à l'Hôtel-Dieu 

Crédits photo Nicolas Brasseur, Festival international d'art de Toulouse 2014

Nus couchés 

(2014)

Elsa Sahal

 

Crédits photo Nicolas Brasseur, Festival international d'art de Toulouse 2014

Autel 

(2012)

Elsa Sahal

 

Courtoisie de la Galerie Claudine Papillon

Crédits photo Nicolas Brasseur, Festival international d'art de Toulouse 2014

Exposition de Georges Jeanclos à l'Hôtel-Dieu 

Scénographie de Romain Guillet

 

Crédits photo Nicolas Brasseur, Festival international d'art de Toulouse 2014

Exposition de Georges Jeanclos à l'Hôtel-Dieu 

Scénographie de Romain Guillet

 

Crédits photo Nicolas Brasseur, Festival international d'art de Toulouse 2014

Exposition de Georges Jeanclos à l'Hôtel-Dieu 

Scénographie de Romain Guillet

 

Crédits photo Nicolas Brasseur, Festival international d'art de Toulouse 2014

Tambour 

(1994)

Georges Jeanclos

Terre cuite

 

Collection privée

Crédits photo Nicolas Brasseur, Festival international d'art de Toulouse 2014

Fondé au XIIe siècle par la communauté de la Daurade, l’Hôpital Saint-Jacques du Bout-du-Pont était relié à l’église de la Daurade par un pont couvert démoli au XVIIe siècle. Après les grandes pestes du XVIIe siècle, l’hôpital ouvrit au XVIIIe siècle des salles pour les femmes, les enfants et les malades incurables tandis que, non loin de là, le bâtiment de la Grave devint un hôpital d’isolement pour les pestiférés, les mendiants, les prostituées et les fous. En 1793, déterminés à laïciser ces institutions, les révolutionnaires les renommèrent ‹ hôpitaux de l’humanité et de la bienfaisance ›. L’Hôtel-Dieu abrite aujourd’hui des services administratifs de l’Assistance publique, des centres de recherche européens, deux musées hospitaliers et des salles d’exposition. Il est désormais inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en tant qu’étape du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Georges Jeanclos est né en 1933 et mort en 1997 à Paris. 
À l’issue de ses études à l’École des Beaux-arts de Paris (1952-1958), il est lauréat du premier prix de Rome en 1959 et séjourne à l’Académie de France de 1960 à 1964. En 1966, il commence à enseigner aux Beaux-arts de Paris. Son œuvre a été régulièrement exposée en France, comme à l’étranger : en 1999, une rétrospective lui a été consacrée à Lille (Hospice Comtesse) et en 2002, une exposition monographique au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme. Il a réalisé de nombreuses commandes publiques dont, à Toulouse, la décoration du portique d’entrée de l’Hôtel départemental de Police.

Elsa Sahal est née en 1975 à Paris où elle vit et travaille.
Diplômée de l’École nationale des Beaux-arts de Paris en 2000,  elle a été exposée régulièrement depuis 2002 par la galerie Claudine Papillon. En 2007, elle a entamé une fructueuse collaboration avec la Manufacture de Sèvres et a remporté différents prix pour la sculpture contemporaine ; son œuvre a fait l’objet d’une exposition monographique à la Fondation Ricard en 2008. En 2012, sa Fontaine était présentée dans les jardins des Tuileries dans le cadre de la FIAC "Hors les murs". Elle a enseigné, entre 2005 et 2012, à l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg.
Dans les salles de l’Hôtel-Dieu, un dialogue se tisse entre deux sculpteurs de générations différentes, Georges Jeanclos et Elsa Sahal : ils se sont croisés aux Beaux-arts de Paris, où la seconde fut l’élève de son aîné. D’un même amour pour la terre, émergent leurs deux univers fort différents, figuratif, méditatif, symboliste voire mystique pour l’un, organique et coloré, drolatique ou inquiétant pour l’autre. Petites figures d’un côté et grands formats de l’autre montrent autant de facettes de ces approches personnelles de la sculpture, dont il s’agit, à la faveur d’un tel rapprochement, de percevoir les tensions et les résonances.
 
Dans « L’atelier », Georges Jeanclos a décrit la dimension physique constitutive de son travail, la manipulation des « dix kilos de terre molle », la «frappe oblique » sur le sol qui permet de former des plaques : « Le sol résonne et la terre s’allonge. Il me faut calculer, au centimètre près, cette attaque au sol qui permet de tendre la matière, de faire apparaître cette mémoire de la terre, où chaque geste est enregistré, mémorisé, de tirer des profondeurs de la matière même le souvenir, les remords. Tous les actes manqués, filtrés, réapparaissent sous l’effort. » Un effort que l’on est loin de soupçonner tant ces sculptures frappent davantage par leur fragilité : elles doivent celle-ci au travail à la plaque développé par l’artiste, à leur centre vide qui les fait parfois s’effondrer en cours d’exécution, mais aussi aux motifs (urnes, dormeurs, amoureux, enfants…) qui y apparaissent, la matière dont ils s’extirpent menaçant à chaque instant de les engloutir de nouveau. Ancrée dans une histoire universelle de l’art, l’œuvre de Jeanclos, travaillée par sa culture juive, est une réponse au traumatisme fondateur que fut la Seconde Guerre mondiale. D’où l’impression que, par ce travail titanesque aux productions si délicates, il vise à une forme de réparation, lui qui écrivait : ‹ Terre d’en bas, je cherche à te lever vers ce monde en haut, que je ne connais pas.› De l’enseignement de Georges Jeanclos, Elsa Sahal a retenu les séances de dessin au Louvre où il apprenait à ses élèves à « voir l’harmonie des formes », à « inventer et à ne surtout pas refaire ». Elle se souvient également qu’il dirigea, dans les années 1970, l’atelier de recherche de la manufacture de Sèvres, et oeuvra  ainsi au renouveau de la céramique dont elle explore et réalise, depuis le début des années 2000, les possibilités contemporaines. C’est qu’elle y a trouvé une technique accordée à sa volonté de faire des sculptures « en grand » et de « confronter son corps à quelque chose qui se métamorphose », tout en enregistrant l’énergie de l’action. Telles sont les caractéristiques les plus apparentes de ses sculptures qui mettent en œuvre des formes indéfinissables quoique évocatrices (de facettes variées de la vie biologique), mues par un indéniable élan vital qui les place sous le signe de la transformation incessante. Les allusions sexuelles y sont nombreuses, comme dans l’univers d’Elmar Trenkwalder, mais à la différence près – et elle est de taille –, que nées de la main d’une femme, vulves et  verges résonnent de façon fort différente. C’est également le fait de l’humour, scatologique et volontiers potache, développé par l’artiste, de son exploration aussi, par la couleur, des frontières labiles entre bon et mauvais goût. Autant de défis aux conceptions conventionnelles de la sculpture qu’elle n’a de cesse de questionner.